Dans le cadre de
mon travail d’enseignante au collégial, je tente déjà d’intégrer certains
aspects de l’apprentissage actif. Au cours de la dernière année, une
collaboration a émergé avec quelques enseignants de mon département avec le
souci de rendre les étudiants plus actifs. C’est ainsi que chaque enseignant
devait soumettre des propositions d’activités actives pour différentes séances
de cours afin que chaque cours puisse intégrer, en partie, de l’apprentissage
actif. Alors que l’enseignement magistral occupait pratiquement tout le temps
de classe, cette collaboration a permis de retravailler le cours pour arriver à
un meilleur équilibre.
Le principal
avantage de l’enseignement au collégial – comparativement à l’enseignement
universitaire – est la taille des groupes. En effet, selon les cours et les
sessions, les groupes sont habituellement formés de 30 à 42 étudiants. Ainsi,
il est plus facile d’intégrer des formes d’apprentissage actifs (Normand,
2017). De plus, l’intégration d’activités d’apprentissage actifs en classe
nécessite de diminuer le temps accordé à l’enseignement magistral. Il faut donc
développer davantage de matériel didactique pour couvrir tous les contenus
essentiels du cours (Normand, 2017). Il s’agit ici d’un aspect qui m’intéresse
particulièrement puisque j’adore développer du matériel de cours. De plus,
selon Bates, «le média choisi pour la transmission n’influe aucunement sur
l’apprentissage d’un individu, et ce, si la forme du cours magistral reste la
même» (2009). Ainsi, sans diminuer la qualité du cours magistral et de
l’apprentissage, l’intégration de l’apprentissage actif permet d’augmenter
l’engagement et la motivation des apprenants (Normand, 2017). Il s’agit sans
contredit d’avantages non négligeables de la pratique enseignante au collégial.
Un autre élément
qui m’interpelle est le concept d’alignement pédagogique (Gerard, 2015). En
effet, au fil de ma pratique, j’ai pu constater que ce n’est pas toujours le
cas. Par exemple, de nombreux étudiants sont pénalisés dans les évaluations à
cause du mode d’évaluation, et non pas à cause de leur maîtrise théorique. Par
exemple, un étudiant très inconfortable lors d’exposés oraux peut être
fortement pénalisé, alors que l’expression orale ne fait aucunement partie des
objectifs d’apprentissage. J’ai donc réfléchi à cet alignement pédagogique
entre les objectifs d’apprentissages, les activités d’apprentissages et les
évaluations.
À titre d’exemple,
dans un cours d’Initiation à la psychologie, les étudiants doivent choisir un
article scientifique et en faire deux productions : un résumé écrit en
écriture scientifique ainsi qu’une présentation orale. Or, plutôt que de faire
la présentation orale devant la classe ou devant l’enseignant, j’ai plutôt opté
pour l’enregistrement de capsules vidéos inspirées du concours «Ma thèse en 180
secondes». Ainsi, j’évalue réellement les capacités de vulgarisation
scientifique, qui fait ici partie de la compétence du cours, sans pénaliser
l’étudiant en fonction de la présence ou non d’un auditoire.
Éventuellement,
j’aimerais retravailler toutes mes évaluations afin d’atteindre un meilleur alignement pédagogique.
Au plaisir de vous
lire sur le sujet!
Catherine
Ouellette
Références
Bates, T. (2019) The nature of
knowledge and the implication for teaching. Dans Teaching in a Digital
Age. Guidelines for designing teaching and learning. (2e éd.). https://pressbooks.bccampus.ca/teachinginadigitalagev2/
Gerard, L. (2015). L’alignement pédagogique : un concept
clé en pédagogie universitaire.
https://cooperationuniversitaire.com/2015/08/25/lalignement-pedagogique-le-concept-cle-en-pedagogie-universitaire/
https://cooperationuniversitaire.com/2015/08/25/lalignement-pedagogique-le-concept-cle-en-pedagogie-universitaire/
Normand,
L. (2017). L’apprentissage actif: une question de risques... calculés. Pédagogie
collégiale, 31(1), pp. 5-12.
https://aqpc.qc.ca/sites/default/files/revue/normand-vol.31-1.pdf
https://aqpc.qc.ca/sites/default/files/revue/normand-vol.31-1.pdf
Bonjour Catherine,
RépondreSupprimerJe trouve que l’approche de le faire en équipe permet de se motiver à développer tout le matériel nécessaire et surtout, répartir la charge de travail.
Ton questionnement sur l’alignement pédagogique est très actuel. Je ne le mentionne pas dans mon billet, mais cela reste un des défis dans la conception des scénarios et activités pédagogiques en mode actif. Pour couvrir tous les niveaux (actif, constructif et interactif) explicités par Normand (2017) dans le tableau de Chi et Wylie (2014), ça demande d’avoir un alignement pédagogique qui est complet pour s’assurer d’un engagement complet des étudiants.
Références
Chi, M. T. H. et Wylie, R. (2014). « The ICAP Framework: Linking Cognitive Engagement to Active Learning Outcome ». Educational Psychologist. 49(4), pp. 219-243.
Normand, L. (2017). L’apprentissage actif: une question de risques... calculés. Pédagogie collégiale, 31(1), pp. 5-12. https://aqpc.qc.ca/sites/default/files/revue/normand-vol.31-1.pdf
Bonjour Yannick,
RépondreSupprimerEffectivement, le travail collaboratif entre enseignants me semble tout aussi important que celui entre étudiants!
Quelle est la réalité de l'enseignement universitaire en terme de collaboration entre les professeurs?
Au niveau collégial, j'avoue que c'est très peu présent. Je suis enseignante au cégep depuis maintenant 12 ans et à mon arrivée, il n'y avait aucune collaboration, c'était chacun pour soi. Je tente du mieux que je le peux de faire changer les pratiques, de démontrer les nombreux avantages de la collaboration, mais plusieurs sont méfiants et ne veulent pas que leur travail soit exposé aux autres. Je crois qu'il s'agit beaucoup de la peur du jugement de l'autre... Cependant, c'est en travaillant en équipe que nous pouvons confronter nos idées et, ultimement, s'améliorer!
Comme nous le faisons dans ce cours...
Merci du commentaire, au plaisir,
Catherine Ouellette