Tout d’abord, le jeu sérieux fait référence à deux dimensions : l’aspect utilitaire et l’aspect ludique (Alvarez, Ce qu’est un jeu sérieux, n.d.). En effet, on vient réellement « joindre l’utile à l’agréable ». Les jeux sérieux peuvent potentiellement se retrouver dans tous les domaines d’études puisqu’ils permettent d’apprendre dans un contexte ludique.
Le jeu sérieux pourrait
très bien s’intégrer dans ma discipline, soit la psychologie au niveau
collégial. Quoique la psychologie attire déjà des préjugés favorables, le jeu
sérieux pourrait rejoindre un public différent. Alors qu’Alvarez parle de la
période de l’adulescence, les auteurs en psychologie abordent généralement
cette période transitoire entre l’adolescence et l’âge adulte par le concept d’adulte
émergent (Alvarez, La place du jeu sérieux en éducation, n.d.; Sigelman et Rider, 2018). Au niveau
collégial, les jeunes se retrouvent en effet dans cette période transitoire, en
ne se définissant plus comme des adolescents, mais pas tout à fait non plus
comme des adultes. Cela semble grandement nuire à la santé mentale, la
motivation, l’engagement et la persévérance dans leurs études (Marcotte et al.,
2016). Est-ce que le jeu sérieux pourrait répondre à un besoin spécifique à
cette clientèle? Il s’agit clairement d’une piste à explorer afin d’aider les
étudiants à appréhender les complexités de la société (Alvarez, La place du jeu
sérieux en éducation, n.d.).
De son côté, le MOOC me
semble, de prime abord, moins bien s’adresser à une clientèle de niveau
collégial. En effet, un MOOC nécessite une grande autonomie de la part de
l’apprenant dans sa capacité à s’auto-diriger et à s’auto-évaluer (Charlier,
2014). Or, je ne suis pas convaincue que l’ensemble des collégiens soient
pourvus de cette capacité, à ce moment de leur vie. Les étudiants de niveau
collégial sont centrés sur une culture de la performance, alors que plusieurs
enseignants tentent de prôner une culture de l’apprentissage. Les MOOC semblent
viser directement dans cette culture de l’apprentissage, de la valorisation du
développement personnel ou professionnel, par intérêt ou par curiosité
intellectuelle. Les très faibles taux d’achèvement des MOOC semblent d’ailleurs
indiquer un manque de motivation ou d’engagement (Charlier, 2014). La
complétion d’un MOOC demande une maturité et une volonté d’accroître ses
connaissances par pure volonté, sans forme de rétribution ou de gratification.
On s’éloigne alors du modèle behavioriste pour parler davantage de motivation
intrinsèque…
Sans nécessairement voir
le potentiel d’un MOOC pour ma clientèle étudiante de niveau collégial, je suis
tout à fait consciente de l’intérêt d’un MOOC en psychologie pour toute
clientèle adulte. La psychologie étant de plus en plus populaire, on se
retrouve avec plusieurs concepts et théories malmenées dans le discours
populaire. Ainsi, un MOOC pourrait permettre d’être en contact avec les
théories scientifiques et de les mettre en lien avec le vécu de chacun, sans
dénaturer la science.
Enfin, le développement des MOOC suscite
nécessairement une réflexion quant à la transmission du savoir et au rôle des
universités et des enseignants dans la société.
Références :
Alvarez, J. (n.d.). Ce qu’est un jeu sérieux. https://vimeo.com/200876783/e9c8f47aeb
Alvarez, J. (n.d.). La place du jeu sérieux en
éducation. https://vimeo.com/200876783/e9c8f47aeb
Charlier, B. (2014). Les MOOC: une
innovation à analyser. Distances et médiations des
savoirs. Distance and Mediation of
Knowledge, 2(5).
Marcotte, D., Villatte, A., Paré, M-L. &
Lamarre, C. (2016). Le programme Zenétudes :
prévenir la dépression et l’anxiété chez les nouveaux collégiens.
Association canadienne-française pour l’avancement des sciences (Acfas). Repéré
à https://www.acfas.ca/publications/decouvrir/2016/10/programme-zenetude-prevenir-depression-anxiete-nouveaux-collegiens
Sigelman, C.K. et Rider, E. A. (2018). Life-Span Human Development, 9e
édition. Cengage.