Dans mon premier billet, j’ai abordé cinq mesures concrètes pour augmenter la motivation et l’engagement des étudiants au collégial. Ces mesures seront évidemment prises en compte dans mes futures planifications pédagogiques. À ces mesures s’ajoutent d’autres considérations importantes pour améliorer l’apprentissage des étudiants.
1-L’importance des MTI : Au
collégial, dans le programme préuniversitaire en Sciences humaines, les
Méthodes de Travail Intellectuel (MTI) font partie intégrante des programmes d’études.
Elles devraient être enseignées et mises en pratique dans tous les cours. Or,
dans tous les cours signifie parfois, malheureusement, dans aucun cours. En d’autres
termes, lorsque personne n’est officiellement responsable d’une compétence, personne
n’a réellement d’obligation de s’en charger. C’est ainsi que les contenus
disciplinaires (en psychologie dans mon cas) prennent toute la place et en
laissent bien peu à l’apprentissage des MTI. Selon Ambrose (2010), la façon
dont les étudiants organisent l’information influence leur apprentissage et leur
compétence à les mettre en pratique. Il importe alors d’aider les étudiants
dans une démarche qui leur permette de mieux organiser l’information qu’ils
reçoivent. Selon Bégin (2008), il est possible de classer les stratégies en
trois catégories : les stratégies métacognitives, les stratégies
cognitives de traitement et les stratégies cognitives d’exécution. Dans le cours
d’Initiation à la psychologie, j’aimerais me concentrer sur les
stratégies métacognitives d’anticiper (notamment les évaluations formatives, en
lien avec les évaluations sommatives déjà réalisées) et de s’autoréguler (par l’apprentissage
de ses forces et faiblesses de son propre fonctionnement cognitif). J’aimerais
également travailler les stratégies cognitives de traitement par le biais de la
sélection et de l’organisation de l’information (par le biais des habiletés de
lecture efficace, de résumés, etc).
2- Un meilleur alignement pédagogique : Selon Poumay
(2014), l’un des six leviers pour l’apprentissage est d’améliorer l’alignement
pédagogique d’un cours. En psychologie, les cours de 3 heures sont généralement
bien remplis par les contenus théoriques, laissant peu de temps pour les
exercices formatifs. Ainsi, nous utilisons régulièrement des exercices
formatifs très simples et rapides, qui sont d’un bas niveau taxonomique
(énumérer, décrire, expliquer). Or, dans les évaluations, nous espérons (comme
par magie!) que les étudiants soient en mesure de mettre en pratique ou d’analyser
leurs connaissances. Ainsi, l’alignement pédagogique entre les activités
pédagogiques et les pratiques évaluatives n’est pas adéquat (Gérard, 2015). De
plus, la compétence du cours, telle que décrite par le Ministère, est d’expliquer
les bases du comportement humain et des processus mentaux. Il faudra alors recadrer
les évaluations formatives et sommatives afin qu’elles soient alignées avec l’objectif
d’apprentissage.
3-L’apprentissage en surface et l’apprentissage
en profondeur :
Le dernier élément sur lequel je réfléchirai davantage est le type d’apprentissage
sollicité. En lisant les textes à ce sujet, j’ai une tendance naturelle à
vouloir éviter l’apprentissage en surface pour stimuler l’apprentissage en
profondeur. Or, je crois que cette tendance vise surtout à satisfaire le besoin
de l’enseignante de démontrer un haut niveau de compétence des étudiants plutôt
qu’une réelle centration sur les objectifs du cours. En effet, tel que
mentionné précédemment, la compétence associée au cours d’Initiation à la
psychologie est d’expliquer les bases de la psychologie. Le niveau
taxonomique n’est pas très élevé. Selon Donnison et Penn-Edwards (2012), l’apprentissage
en surface peut être pertinent dans certains domaines où la mémorisation occupe
une plus grande place. C’est le cas du premier cours en psychologie, qui vise
essentiellement l’acquisition de la terminologie propre à la discipline. Ainsi,
l’apprentissage en surface peut convenir pour ce premier cours et c’est dans la
progression des apprentissages dans le programme de deux ans que les étudiants
pourront faire des apprentissages en profondeur. Je dois donc voir l’apprentissage
dans ce cours comme la première étape d’un parcours post-secondaire et adopter
la vision de l’approche-programme qui mène progressivement les étudiants vers les
études supérieures.
Références :
Ambrose, S.,
Bridges, M. DiPietro, M., Lovett, M., Norman, M. (2010). How Learning Works:
Seven Research-Based Principles for Smart Teaching. Jossey-Bass.
Bégin, C. (2008). Les stratégies d’apprentissage :
un cadre de référence simplifié. Revue des sciences de l'éducation, 34(1),
47–67.
Donnison, S., Penn-Edwards, S. (2012). Focusing on first year
assessment: Surface or deep approaches to learning? The International
Journal of the First Year in Higher Education, 3(2). 9-20.
Gérard, L. (2015). L’alignement pédagogique: un concept clé en pédagogie universitaire. Coopération universitaire. Récupéré de https://cooperationuniversitaire.com/2015/08/25/lalignement-pedagogique-le-concept-cle-en-pedagogie-universitaire/