Mes futures planifications pédagogiques (DDD9691 : Billet 2)

Dans mon premier billet, j’ai abordé cinq mesures concrètes pour augmenter la motivation et l’engagement des étudiants au collégial. Ces mesures seront évidemment prises en compte dans mes futures planifications pédagogiques. À ces mesures s’ajoutent d’autres considérations importantes pour améliorer l’apprentissage des étudiants.

1-L’importance des MTI : Au collégial, dans le programme préuniversitaire en Sciences humaines, les Méthodes de Travail Intellectuel (MTI) font partie intégrante des programmes d’études. Elles devraient être enseignées et mises en pratique dans tous les cours. Or, dans tous les cours signifie parfois, malheureusement, dans aucun cours. En d’autres termes, lorsque personne n’est officiellement responsable d’une compétence, personne n’a réellement d’obligation de s’en charger. C’est ainsi que les contenus disciplinaires (en psychologie dans mon cas) prennent toute la place et en laissent bien peu à l’apprentissage des MTI. Selon Ambrose (2010), la façon dont les étudiants organisent l’information influence leur apprentissage et leur compétence à les mettre en pratique. Il importe alors d’aider les étudiants dans une démarche qui leur permette de mieux organiser l’information qu’ils reçoivent. Selon Bégin (2008), il est possible de classer les stratégies en trois catégories : les stratégies métacognitives, les stratégies cognitives de traitement et les stratégies cognitives d’exécution. Dans le cours d’Initiation à la psychologie, j’aimerais me concentrer sur les stratégies métacognitives d’anticiper (notamment les évaluations formatives, en lien avec les évaluations sommatives déjà réalisées) et de s’autoréguler (par l’apprentissage de ses forces et faiblesses de son propre fonctionnement cognitif). J’aimerais également travailler les stratégies cognitives de traitement par le biais de la sélection et de l’organisation de l’information (par le biais des habiletés de lecture efficace, de résumés, etc).  

 

2- Un meilleur alignement pédagogique : Selon Poumay (2014), l’un des six leviers pour l’apprentissage est d’améliorer l’alignement pédagogique d’un cours. En psychologie, les cours de 3 heures sont généralement bien remplis par les contenus théoriques, laissant peu de temps pour les exercices formatifs. Ainsi, nous utilisons régulièrement des exercices formatifs très simples et rapides, qui sont d’un bas niveau taxonomique (énumérer, décrire, expliquer). Or, dans les évaluations, nous espérons (comme par magie!) que les étudiants soient en mesure de mettre en pratique ou d’analyser leurs connaissances. Ainsi, l’alignement pédagogique entre les activités pédagogiques et les pratiques évaluatives n’est pas adéquat (Gérard, 2015). De plus, la compétence du cours, telle que décrite par le Ministère, est d’expliquer les bases du comportement humain et des processus mentaux. Il faudra alors recadrer les évaluations formatives et sommatives afin qu’elles soient alignées avec l’objectif d’apprentissage.


3-L’apprentissage en surface et l’apprentissage en profondeur : Le dernier élément sur lequel je réfléchirai davantage est le type d’apprentissage sollicité. En lisant les textes à ce sujet, j’ai une tendance naturelle à vouloir éviter l’apprentissage en surface pour stimuler l’apprentissage en profondeur. Or, je crois que cette tendance vise surtout à satisfaire le besoin de l’enseignante de démontrer un haut niveau de compétence des étudiants plutôt qu’une réelle centration sur les objectifs du cours. En effet, tel que mentionné précédemment, la compétence associée au cours d’Initiation à la psychologie est d’expliquer les bases de la psychologie. Le niveau taxonomique n’est pas très élevé. Selon Donnison et Penn-Edwards (2012), l’apprentissage en surface peut être pertinent dans certains domaines où la mémorisation occupe une plus grande place. C’est le cas du premier cours en psychologie, qui vise essentiellement l’acquisition de la terminologie propre à la discipline. Ainsi, l’apprentissage en surface peut convenir pour ce premier cours et c’est dans la progression des apprentissages dans le programme de deux ans que les étudiants pourront faire des apprentissages en profondeur. Je dois donc voir l’apprentissage dans ce cours comme la première étape d’un parcours post-secondaire et adopter la vision de l’approche-programme qui mène progressivement les étudiants vers les études supérieures.

 

Références :

Ambrose, S., Bridges, M. DiPietro, M., Lovett, M., Norman, M. (2010). How Learning Works: Seven Research-Based Principles for Smart Teaching. Jossey-Bass. 

Bégin, C. (2008). Les stratégies d’apprentissage : un cadre de référence simplifié. Revue des sciences de l'éducation, 34(1), 47–67. 

Donnison, S., Penn-Edwards, S. (2012). Focusing on first year assessment: Surface or deep approaches to learning? The International Journal of the First Year in Higher Education, 3(2). 9-20. 

Gérard, L. (2015). L’alignement pédagogique: un concept clé en pédagogie universitaire. Coopération universitaire. Récupéré de https://cooperationuniversitaire.com/2015/08/25/lalignement-pedagogique-le-concept-cle-en-pedagogie-universitaire/

Poumay, M. (2014). Six leviers pour améliorer l’apprentissage des étudiants du supérieur. Revue internationale de pédagogie de l’enseignement supérieur, 30(1). Récupéré de http://journals.openedition.org/ripes/778

Comment susciter la motivation et l’engagement des étudiants? (DDD9691 : Billet 1)

À la lecture des différents textes sur la motivation et l’engagement, j’ai identifié cinq mesures que je mets en place dans mes cours.

1-L’apprentissage collaboratif : Dans tous les cours que j’enseigne au collégial, il y a de l’apprentissage collaboratif. Tout d’abord, à chaque semaine, la première partie du cours est centrée sur de l’enseignement magistral, alors que la seconde est constituée d’exercices et d’ateliers en sous-groupes. Cela favorise les relations sociales, le besoin d’inclusion et d’appartenance (Bawa, 2016). De plus, les étudiants ont généralement un travail de session à réaliser en équipe. Dans les cours où le travail de session est individuel, j’y ajoute une composante d’évaluation formative par les pairs qui leur permet de collaborer ainsi que d’améliorer leur production finale.

2-Le sentiment d’efficacité personnelle : Le sentiment d’efficacité personnelle est une composante essentielle de la motivation et de la réussite (Bawa, 2016). Pour y arriver, je m’assure que les étudiants débutent chaque exercice ou chaque examen par une réussite. Pour y arriver, je choisis volontairement des questions plus faciles en début d’examen. Ainsi, ils prennent progressivement confiance en leurs capacités et cela diminue leur sentiment de stress en début d’évaluation (formative ou sommative). Les exercices et évaluations proposées se situent dans la zone proximale de développement de l’étudiant, ce qui lui permet de voir un défi et de se dépasser, tout en poursuivant un objectif atteignable (Aduayi-Akue et al, 2017).

3-Le besoin d’autonomie et le besoin de contrôle : Afin d’accroître la motivation et l’engagement des étudiants, ceux-ci ont besoin de se sentir en contrôle dans l’accomplissement de la tâche (Ryan de Deci, 2000). Le lieu de contrôle interne leur permet de faire des choix et de se sentir engagés dans la tâche. Pour y arrive, j’intègre de plus en plus de choix dans mes cours, notamment au niveau des évaluations. Les étudiants ont régulièrement le choix de la thématique qu’ils veulent aborder (choix du sujet), mais également de la façon dont ils aimeraient être évalués (type d’évaluation : présentation orale, travail écrit, carte conceptuelle, etc). Selon Viau, le sentiment de compétence ainsi que le sentiment de contrôle sont des déterminants de la motivation scolaire. Lorsque ‘in y ajoute le besoin d’appartenance, cela devrait mener à une sensation de bien-être chez l’étudiant (Chekour et al, 2015).

4-Des situations authentiques : La motivation des étudiants diminue lorsque les cours sont trop éloignés de la réalité sociale dans laquelle ils vivent et des problématiques qui s’y déroulent (Bawa, 2016). En psychologie, il est relativement facile d’ancrer la théorie ou la pratique dans la réalité sociale ou personnelle des étudiants. À chaque cours, l’étudiant est confronté à des discussions sur des problématiques sociales d’actualité ou encore à des réflexions introspectives. Cela lui permet de comprendre l’importance de la psychologie dans sa réalité.

5-Le design du cours : Dans un cours à distance, l’organisation et la planification sont des composantes centrales dans la motivation des étudiants (Aduayi-Akue et al., 2017). Les défis technologiques ne doivent pas constituer des obstacles à l’apprentissage et l’environnement du cours doit être simple à utiliser. Pour mes cours à distance cet année, j’ai créé un site web où l’étudiant pouvait retrouver tous les contenus du cours (présentations magistrales, lectures et exercices formatifs), organisés selon les 15 semaines de la session (Ouellette, 2020). Cette méthode était simple et facile à suivre. Ainsi, je n’avais pas à surcharger mes étudiants de communications électroniques à chaque semaine, ils n’avaient qu’à suivre le plan de match établi au début de la session. De plus, les rétroactions rapides sont essentielles afin que l’étudiant sente la présence de l’enseignant, malgré la distance (Viau, n.d.). J’étais donc connectée en temps réel avec mes étudiants et dès la réception d’un message, j’y répondais. Cette rétroaction quasi instantanée permettait aux étudiants de poursuivre leurs apprentissages en ayant le soutien requis durant les heures ouvrables de cours. Enfin, j’ai également offert à mes étudiants un site web que j’avais créé pour les soutenir dans des cours à distance (Ouellette, 2019). On y retrouve des stratégies de travail, des conseils sur les saines habitudes de vie ainsi que des suggestions pour maintenir une bonne santé mentale.

Il reste évidemment beaucoup de chemin à faire pour susciter la motivation intrinsèque des étudiants ainsi que leur engagement cognitif. Par le biais de réflexions et d’échanges, ce cours me permettra certainement de mettre en pratique d’autres stratégies pédagogiques.

 

 

Références :


Aduayi-Akue, J., Lotchi, K., Parveen, S., Onatsu, T. et Pehkonen-Elmi, T. (2017). Motivation of Online Learners. Electronic Journal of Evolving Pedagogy.

 

Bawa, P. (2016). Retention in Online Courses : Exploring Issues and Solutions - A Literature Review. Sage Open6(1), 1-11.

 

Chekour, M., Chaali, R., Laafou, M. et Janati-idrissi, R. (2015). Impact des théories de la motivation sur l’apprentissage dans le contexte scolaire. Revue électronique de l’EPI174, 1-10.

 

Ouellette, C. (2019). En toute QuiÉtude. Repéré à https://catherineouellette7.wixsite.com/entoutequietude

 

Ouellette, C. (2020). Initiation à la psychologie. Repéré à https://catherineouellette7.wixsite.com/initiationpsycho

 

Ryan, R. et Deci, E. (2000). Intrinsic and Extrinsic Motivations: Classic Definitions and New Directions. Contemporary Educational Psychology, 25, 54–67.

Viau, R. (n.d.). 12 questions sur 12 questions sur l’état de la recherche scientifique sur l’impact des TIC sur la motivation à apprendre. Université de Sherbrooke.